La maladie mentale

À l'âge adulte, nous passons plus de deux tiers de notre temps d'éveil au travail. Le travail peut être source d'enrichissement, de développement, de joie, mais aussi de grande souffrance. Non seulement rémunérateur et utilitaire, le travail prend pour plusieurs d'entre nous la forme d'une quête d'identité dans laquelle nous cherchons à donner un sens profond à notre vie, à contribuer à quelque chose de plus grand que soi. La preuve, cette question fréquemment posée quand nous rencontrons quelqu'un pour la première fois : « Que faites-vous dans la vie ? »


« Le travail peut être connu, souligne éloquemment Jean-Pierre Brun, mais pour être reconnu, il faut tabler sur un paradigme plus fondamental voulant que chaque individu ait le droit éthique de voir sa contribution personnelle (ce qu'il a mis de lui-même dans son travail), ou collective, valorisée et reconnue pour ce qu'elle est. » Pour ce chercheur, de cette reconnaissance naît l'accomplissement de soi, un des quatre déterminants essentiels à la santé psychologique des individus. (Brun, J.P., Biron, C. et Martel, J. (2002) Évaluation de la santé mentale au travail : une analyse des pratiques de gestion des ressources humaines (version abrégée). Chaire en gestion de la santé et de la sécurité du travail dans les organisations, p. 78.)


En cette ère où nous sommes bombardés de statistiques sur l'augmentation des problèmes de santé et maladies mentales au travail plus inquiétantes les unes que les autres, la question que tous se posent est la suivante : À qui appartient la responsabilité de la santé mentale des individus en entreprise ?


À l'instar de plusieurs auteurs, nous croyons à la Fondation des maladies mentales que cette responsabilité est partagée, qu'il doit y avoir une reconnaissance de cette réalité et une volonté d'agir, autant chez les individus qu'au sein des organisations. Toutefois, pour y parvenir, de nombreuses barrières doivent être démantelées, car il n'existe pas de cause unique à la maladie mentale ; plusieurs facteurs contribuent à son éclosion, dans des sphères souvent interreliées : l'aspect sociologique, le volet psychologique et le facteur biologique. Mais quand on comprend la complexité d'une maladie mentale, on peut mieux soutenir les gens qui présentent des symptômes avant-coureurs et les encourager à demander l'aide professionnelle dont ils pourraient avoir besoin.

 
 
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